Autoconsommation de l'énergie solaire

L’autoconsommation, c’est de l'autoproduction : il s'agit de produire pour soit même. Néanmoins, ce ne n'est pas de l'autonomie; on reste connecté au réseau. Le but de cette démarche est de produire localement, produire moins cher, produire plus propre afin de maîtriser ses dépenses énergétiques (sans dépendre de fournisseur tiers) et son impact environnemental. Une enquête menée par l'IFOP en 2018 a montré que 75% des personnes interrogées souhaitent consommer leur production plutôt que de la vendre au réseau comme cela se fait traditionnellement depuis la mise en place des tarifs d'achat.

Pourquoi faire de autoconsommation ?

Hausse du prix de l'énergie

La fin des tarifs électriques réglementés depuis 2015 et la hausses du prix de l'électricité ou du gaz (+50% en moins de 5 ans) n'est plus à démontrer. Différents rapports de la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) ou de la Commission du Sénat s'accordent sur une augmentation de l'ordre de +5 à +6% par an du prix de l'énergie électrique. Cette dernière s'explique par la nécessité d'investissement massif dans le renouvellement ou le prolongement du parc nucléaire français, le renforcement de la sécurité et la volonté d'étendre les réseaux d'énergies.

S'affranchir des taxes

Le réseau est un modèle qui depuis le fil du temps a un rôle de "collecteur de taxe". S'affranchir au maximum du réseau c'est donc s'affranchir d'un maximum de taxe.

En étudiant de plus près un système pour une habitation classique, on se rend compte que la facture énergique se décompose ainsi :

  • 12% pour l'abonnement (incus la TVA)
  • 40% pour le coût de l'énergie
  • 48% de taxe (TVA, CSPE, TCFE)

En auto-consommant son énergie, on s’affranchit donc de 88% de sa facture énergétique (coût brut de l'énergie + taxes).

Problématique

Les productions solaires et les consommations sont variables en fonction des heures de la journée ou des saisons. Un commerce ou un logement n'aura pas non plus la même consommation au cours de la journée. Il y a donc beaucoup d'éléments à intégrer et à piloter.

Le réseau doit cependant rester présent en tant qu'appoint ou en tant que secours (jour de pluie ou panne du système solaire).

Pourquoi la France est elle en retard ?

En 2012, le kWh était de 26 centimes d'euro en Allemagne, 23 en Belgique, 22 en Italie contre 14 centimes en France. En 2020, l'écart est encore présent avec plus de 30 centimes d'euros le kWh en Allemagne, 28 en Belgique, 22 en Italie et Espagne et 19 centimes en France.

On comprend alors bien pourquoi cette "autoconsommation" a commencé à se développer en Allemagne, en Belgique puis en Italie et Espagne et qu'elle arrive seulement maintenant en France...

Profil de consommation

Comme déjà dit, l'autoconsommation ne peut fonctionner que si le consommateur a conscience de sa consommation au jour le jour. Il doit donc disposer d'un outil permettant d'étudier sa consommation et d'en tirer certaines conclusions.

Faire correspondre production et consommation

Information

l'utilisateur peut modifier son profil

Sobriété

réduire les gaspillages

Efficacité

remplacer et rénover

Production

photovoltaïque et/ou thermique

Pour réduire l'impact environnemental et la facture énergétique d'un individu, il faut entreprendre une démarche spécifique sans pour autant avoir recourir à des batteries. La première chose à faire est de bien informer l'utilisateur : par son simple comportement, il peut modifier son profil de consommation. Ensuite, on va retrouver les démarches typiquement connues sous le nom de "Négawatt" : Sobriété, Efficacité et Production locale

  • Sobriété: réduire les gaspillages. Éteindre les lumières lorsqu'on sort de pièce, couper le chauffage lorsque les fenêtres sont ouvertes, etc.
  • Efficacité: rénover ou remplacer des dispositifs énergivores. Remplacer un réfrigérateur par un A++, remplacer des lampes, etc.
  • Production locale: photovoltaïque ou thermique avec gestion intelligente

Gestion de l'énergie

Afin d'optimiser le rendement de notre installation, il est nécessaire de gérer au plus près notre énergie, de la production à la consommation.

On peut travailler sur les effacements par exemple (éviter que ne démarre en même temps plusieurs dispositifs énergivores comme le chauffage, le frigidaire ou le lave linge alors que nous aurions pu reporter leur fonctionnement sur d'autres plages horaires) ou encore l'optimisation de l'appoint électrique pour des besoins thermiques (ballon d'eau chaude sanitaire par exemple). En effet, même si nous préconisons l'utilisation du solaire thermique pour faire du thermique à savoir de l'eau chaude sanitaire, il n'est pas encensé de chauffer son ballon ECS électrique aux meilleures heures de la journée.

Enfin, plutôt que de recourir à l'utilisation de batterie, nous préférerons utiliser l’excédent produit par des panneaux photovoltaïques pour recharger des véhicules électriques. Quitte à charger des batteries, autant que cela soit utile !